Le parloir, août 2009. Vue d'Ouest en Est. DB/CG02.
Aile des moines. La façade Ouest vers 1911. Cliché Enlart. Ministère de la culture et de la communication – Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.
Façade Est de l'aile des moines. Au premier plan, dépôt lapidaire.
DB/CG02
L'aile des moines est délimitée au nord par le bras méridional du transept de l'église du XIIIe siècle et, au sud, par un mur, autrefois surmonté d'un pignon qui était utilisé comme paroi d'une maison moderne (1). Elle ouvre à l'ouest sur la galerie orientale du cloître.
Façade Est de l'aile des moines, les arcades de la salle capitulaire.
DB/CG02.
La salle la plus au nord de cet ensemble, attenante au croisillon du transept, est la sacristie. Elle présente encore aujourd'hui l'une des trois seules voûtes de l'abbaye qui aient été épargnées par les destructions survenues aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles.
Au sud de la sacristie se trouve la salle capitulaire. Les moines s'y rassemblaient pour délibérer sur la vie du monastère, entendre les instructions de l'abbé et le rappel de la Règle de Saint Benoît, à raison d'un chapitre par jour. Sa façade occidentale se compose de trois arcades - dont l'une au centre est un portail, lesquelles communiquent avec la galerie orientale du cloître. Eclairé à l'est par trois baies, le chapitre était couvert de six voûtes reposant au centre sur deux colonnes.
Malgré la destruction des couvertures au cours des bombardements de 1917, son architecture primitive demeure relativement lisible grâce aux éléments qui subsistent : les quatre murs d'encadrement et certaines modénatures, piles, chapiteaux et arrachements de voûtes (2).
En 1966, la pierre tombale du vingtième abbé de Vauclair, retrouvée dans le village voisin de Sainte-Croix, où elle était utilisée comme seuil à l'entrée d'une ferme, a été replacée dans la salle capitulaire (3) où étaient inhumés les abbés. La représentation en habits sacerdotaux de cet abbé, nommé Julien et mort en 1313, n'est plus visible sur la pierre. Mais, au XIXe siècle, l'archéologue Edmond Fleury en avait exécuté une reproduction, qui figure dans la collection du cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale.
Entre le chapitre et la salle des moines, qui termine au sud le bâtiment, se succèdent le parloir, une pièce attenante où était situé l'escalier conduisant, à l'étage supérieur, au dortoir des moines, et le passage dont la voûte en berceau est en partie préservée.
De la salle des moines, il ne subsiste que peu de vestiges : ses élévations périphériques sont moins hautes – voire par endroits totalement absentes - que celles de la salle du chapitre, et ses éléments de décor moins nombreux.
On sait cependant que ces deux pièces possédaient des plans comparables, en double vaisseau, couvertes de six voûtes s'appuyant sur deux colonnes centrales.
Si la partie sud de l'aile des moines était déjà très fortement endommagée au début du XXe siècle, en revanche, le chapitre était quasiment intact avant les bombardements de 1917. De même étaient conservées, à cette même époque, deux élévations de l'étage supérieur : l'une en façade occidentale sur la largeur de deux travées, l'autre, en façade orientale, sur la largeur d'une travée.
Quelques vestiges du sol à l'intérieur de la salle capitulaire.
DB/CG02.
1. André RHEIN, Congrès archéologique de France, Procès-verbaux et Mémoires tome II, session tenue à Reims en 1911.
2. Dans Etude préalable à la consolidation, protection et mise en valeur du site de Vauclair, Jean-François Lagneau, architecte en chef des monuments historiques. Paris, Décembre 2008.
3. Vauclair abbaye cistercienne, par le père Anselme Dimier, Archeologia n°14, 1967.